2 milliards de fois dans une vie
On dit que le cœur d’un homme a une fois et demi la taille de son poing. Que plus le muscle est gros, plus il bat lentement. Une théorie veut que tout ce qui vit dispose d’un même nombre de battements avant la mort – tant pour la souris et tant pour l’éléphant -, qu’une fois la réserve épuisée, l’être s’éteint. Cela signifierait, sans doute, que la vie de la grenouille, de l’oiseau-mouche ou de la fourmi n’est pas véritablement plus courte que celui de l’homme ou de la baleine, mais qu’elle se déroule à un rythme différent, propre à chaque espèce. Une vie serait toujours longue d’une vie; simplement, comme il est des planètes où le jour dure des mois et d’autres où le soleil se lève et se couche toutes les quelques heures, certaines créatures éphémères compriment en une journée ce que d’autres mettront un siècle à vivre.
On ne sait où ni comment est né la musique, tout comme on ignore l’origine du langage. Mais on peut facilement imaginer que les toutes premières manifestations (claquements des mains en cadence, ou des pieds par terre, bout de bois frappé sur une pierre puis sur une peau tendue) ne faisaient que reprendre les battements de notre cœur dans notre poitrine. Si l’on ne connaît pas d’animaux musiciens, c’est à dire qui font ainsi du bruit pour se rassurer, ou se divertir, ou pour la simple beauté de la chose, c’est sans doute que, contrairement à l’homme, ils n’éprouvent pas le besoin de rythmer de la sorte le temps qui les sépare de la mort.
Tiré de Les larmes de saint Laurent, de Dominique fortier, paru aux éditions Alto
- Humain : 60 à 80 battements cardiaques par minute
- Girafe : 65 BPM
- Chat : 150 BPM
The Hundred in the Hand – Hundred Ghost
- Hamster : 450 BPM
Crookers – No security (Bart b more remix)
- Moustique : Ont ils un coeur?


